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Le lycée Renouvier de Prades en première ligne de l'option rugby au bac

Bien savoir plaquer, cadrer-déborder et pousser en mêlée, peut être tout aussi utile que de citer Aristote ou résoudre une racine carrée. Et même de décrocher une mention. Si !

La note obtenue en présentant l'option rugby au baccalauréat est affectée du coefficient 2. Au lycée Charles-Renouvier, on peut s'y préparer dès la seconde. PHOTO/Photo J.-L.B

Une fin d'après-midi d'hiver sur le synthétique terrain de rugby de la plaine Saint-Martin. Il est 17 h. Le mercure affiche tout juste quelques petits degrés au-dessus de zéro. Au loin, dans le soleil couchant, le Canigou encapuchonné de blanc ne va pas tarder à tirer les rideaux. Sur le pré, une trentaine de filles et garçons, répartis en deux groupes, cavalent derrière un ballon ovale. Avec entrain. Application. Ça bosse dur. Deux profs d'EPS donnent de la voix. Exigeant que les consignes données soient respectées. Ambiance studieuse.


Bonnet de laine enfoncé jusqu'aux oreilles, vêtu d'une grosse doudoune, Michel Capdevila supervise d'un œil attentif la séance de travail. Inspecteur d'académie - inspecteur pédagogique régional (IA-IPR), il est venu exprès de Montpellier pour jauger de l'expertise dispensée par Olivier Serrano à ses élèves. C'est l'une de ses dernières sorties.

10 % de l'effectif de l'établissement

A la fin du mois, Michel Capdevila prend sa retraite. Inenvisageable, pour lui, de quitter l'Education nationale sans venir une dernière fois à Prades constater à quel point la section sportive option rugby au bac, qu'il a contribué à créer, fait dorénavant preuve d'une sacrée vigueur. "C'est la plus exemplaire de l'académie avec une centaine d'élèves inscrits de la seconde à la terminale" note-t-il ravi.

"Autrement dit : 10 % de l'effectif du lycée Charles-Renouvier", se réjouit le proviseur Baye Seck. Initiée en 2008, l'aventure est aujourd'hui une authentique réussite. "J'avais été sollicité par le chef d'établissement de l'époque, Denis Tubert, pour créer au sein du lycée une section rugby", se souvient Michel Capdevila. "Je lui avais suggéré que nous pouvions aussi tendre vers quelque chose de plus ambitieux. En créant notamment les conditions de développement d'une option rugby. Une structure plus élaborée, qui permettrait alors de présenter cette discipline sportive au baccalauréat".

Restait néanmoins à convaincre le Rectorat. Du bien fondé de débloquer un "poste à profil". Ce qui fut fait. Puis, à finaliser ensuite le projet au travers d'un partenariat noué avec le maire Jean Castex pour l'utilisation des infrastructures sportives, ainsi qu'avec Michel Coll, le 'boss' de l'école de rugby Conflent-Canigou (ERC). Ce jour-là, 'Moustache' n'a d'ailleurs pas manqué de venir saluer chaleureusement Michel Capdevila pour cette toute dernière inspection de sa carrière.

Deux séances hebdomadaires

Au centre du terrain, filles et garçons enchaînent les exercices. Placage. Libération rapide du ballon. Placement et replacement. Pendant que leurs coreligionnaires potassent au chaud en salle de cours ; eux, bûchent par des températures frisquettes "l'engagement physique", "le jouer ensemble", "l'autonomie de jeu", "le collectif", "le combat", "l'organisation" ou "le positionnement sur le terrain".

Et ce, durant 1 h 30 à 2 heures. A raison de deux séances par semaine. Qui viennent, bien sûr, se greffer aux traditionnelles heures d'éducation sportives communes à l'ensemble des élèves. Le prix à payer, en somme, pour arriver au bac avec le niveau optimum. Et escompter ainsi obtenir une note supérieure à la moyenne. Susceptible, du coup, de faire gagner aux plus doués de précieux points en vue d'une éventuelle mention.

Manière de quitter le bahut, 'bonus offensif' en poche...

Jean-Luc Bobin, l'Indépendant, le 25 janvier 2015

Le cimetière comme "prétexte" à l'éducation de l'histoire des arts au Lycée Charles Renouvier de Prades

Seuls huit lycées de l'académie proposent un tel enseignement. Ils ne sont que deux dans les P.-O. Prades, donc. Mais aussi Céret. Réservée à la filière littéraire, cette spécialité d'histoire des arts - dotée d'un coefficient 6 au baccalauréat - offre aux élèves une solide culture générale. Destinée à leur permettre de mieux réussir leurs études supérieures. En atteste le parcours réalisé tout récemment par d'anciens terminales L du Lycée Renouvier. Dont deux ont notamment intégré les prestigieuses écoles des Chartes et celle du Louvre. Ou d'autres encore, qui dans un registre totalement différent, se destinent pour leur part à être médecins et architectes.

Une expérience "impérissable"

Dans le cadre de ce cursus, les lycéens sont invités chaque année à plancher soit sur la réalisation d'un film, soit sur la conception d'un site internet autour d'un thème spécifique. Depuis la rentrée, une classe de première a ainsi fait le choix de s'intéresser au cimetière de Prades.

"Un lieu qui nous parle aussi de vie", note le proviseur Baye Seck. "Un espace qui fait partie intégrante de notre patrimoine. Et qu'il convient, à ce titre, de faire vivre. Je suis ravi de constater à quel point, à travers cette démarche, l'investissement des élèves et de l'équipe pédagogiques fait sens". Car l'une des spécificités du projet consiste en la mise en place d'un co-enseignement.

Autour de Marc Vilar, prof d'histoire et d'histoire des arts, interviennent ici trois autres de ses collègues. Dominique Sentenac, en tant que professeur de lettres anciennes et cultures de l'Antiquité, Alexandre Larguier, professeur de philo et Marie-Christine Poiré, professeur d'arts plastiques.

Equipe à laquelle il convient également de rajouter Dacha Nadinic, sollicité pour ses compétences en matière de graphisme et d'iconographie. "Pour moi, jusqu'à présent davantage habitué aux cours magistraux, je considère cette expérience comme quelque chose d'impérissable", commente Alexandre Larguier. "Cela fait bouger les attentes et les compétences."

Même enthousiasme de la part de la part de Marie-Christine Poiré. "Cela donne de la cohérence à l'enseignement souvent fractionné. Met l'élève dans une position active. Lui permet de créer sa propre réflexion et lui apprend à travailler en équipe". Mise aujourd'hui en ligne sur sous la forme d'un blog (*), cette remarquable étude du cimetière de Prades est en fait un formidable "prétexte" à balayer l'histoire des arts. A en explorer les multiples facettes.

L'équipe pédagogique et leurs élèves ont tout récemment présenté le fruit de leur travail dans l'amphithéâtre du lycée. Il est désormais consultable sur le site de l'établissement. PHOTO/Photomontage J.-L.B

Un voyage étonnant et passionnant

Au gré de sa navigation, l'internaute pourra évidemment se plonger d'emblée dans l'histoire du cimetière. Mais bien davantage encore. Au fil des onglets, on y découvre des chapitres dédiés "aux inscriptions et symboles", au "jardin", au "monument aux morts" de Gustave Violet, à "l'organisation de l'espace", aux différents "styles architecturaux" des sépultures, aux "personnalités" enterrées.

Deux rubriques sont enfin plus généralement consacrées à la façon dont fut, au fil des temps, traité la thématique du cimetière; à la fois par la littérature et les artistes. Un étonnant et passionnant voyage en somme. Qui permet, non sans malice, de conjurer instructivement le sort...

Jean-Luc Bobin, l'Indépendant, 7 février 2015.

*Pour visiter la page 'Histoire des arts/patrimoine' qliquez ici